(pas de titre)

1833

Toutes les correspondances de l'année :
Contenu de la correspondance:

 » Je compte, jeudi soi, faire une tournée de ministres, Thiers, Soult, Dupin, et finir par le petit jour de Flahaut. Si tout cela vous convenait, faites-le moi savoir chez moi où je dîne. J’irai vous prendre. »
 

* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.244-245)

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Contenu de la correspondance:

Le roi avait même désigné pour cet objet (accompagner William Russell pour reconnaître dona Maria) M de Flahaut, que ses relations avec l’Angleterre et le Portugal semblaient y rendre plus propre qu’un autre
 
* Mémoires (Talleyrand. Tome 5 / Jean de Bonnot / p.229)

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Contenu de la correspondance:

Du reste, on est sans nouvelles de Lisbonne depuis quelques jours, et il est impossible de savoir exactement ce qui s’y passe. M de Lurde paraît aux Anglais, pour l’instant, un agent très suffisant ; les questions un peu plus éclaircies, M de Flahaut fera sans doute à merveille.

* Mémoires (Talleyrand. Tome 5 / Jean de Bonnot / p.236)

Toutes les correspondances de l'année :
Contenu de la correspondance:

« La folie des grandeurs dont tu sembles atteint t’empêchera de faire carrière. Comment t’y prendras-tu quand tu n’auras plus que ta solde pour vivre ? »
 

Morny, un voluptueux au pouvoir (Rouart / Gallimard / p.83)
Morny, l’homme du second empire (Dufresne / Perrin / p.63)

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Contenu de la correspondance:

« Je suis bien aise de ta résolution de ne plus faire de dette. »

 
* Morny, l’homme du second empire (Dufresne / Perrin / p.63)

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Contenu de la correspondance:

 » Comment Mme la duchesse de Berry a-t-elle pu se fier à un renégat ? C’est impardonnable et ne s’explique qu’en se rappelant que les femmes considèrent l’attachement qu’elles inspirent comme une religion. Pourvu qu’on soit fidèle à celle-là, elles laissent la scolastique entre Dieu et l’autre vie. Je sens l’indignation où l’on doit être chez vous de tous les bruits qui courent. Ce qui est sûr, c’est que je n’aurais pas fait comme la dame. Du moins, je l’espère, mais, certes, je ne l’aurais pas déclaré. Lorsque Struensé avoua au tribunal qu’il avait été l’amant de la reine Mathilde, M. de Chauvelin, qui était alors ambassadeur de France à Copenhague, se redressa fièrement en s’écriant :  » Un Français l’aurait peut-être dit à tout le monde, mais ne l’aurait avoué à personne. Je crois qu’une Française aurait toujours nié, et l’enfant dans son lit aurait soutenu que c’était le monstre de général qui l’y avait apporté…  » Auguste est à son régiment, c’est important pour lui. C’est une carrière ! Mais quelle oisiveté dans la paix, que de dangers à la guerre ! J’ai passé ma vie dans ces anxiétés. Ninon disait :  » On croit que j’ai été heureuse. Eh bien, si l’on m’avait montré ma vie tout d’une vue, je n’aurais pas voulu naître.  » Je crois bien que tout le monde en serait là.
 » Voilà le divorce encore rejeté par les pairs. On le reproduira l’an prochain. Il me semble qu’on pose mal cette question. Il ne s’agit point de l’obligation de divorcer, mais seulement de la possibilité. Savez-vous qu’on dit Victor Hugo fou à lier ? Il y avait bien un peu de cela dans ses ouvrages. Mon bon ami, que j’ai besoin de causer avec, vous, même de ce qui ne m’intéresse pas. Jugez du reste ! Vite de vos nouvelles, mon Petit Père. Voilà ce qui m’intéresse le plus en ce vilain monde ; j’ai une chienne de plume avec laquelle je ne puis vous dire un mot de plus. De vos nouvelles, mon bon ami ! « 

* Madame de Souza et sa famille (baron André de Maricourt / Emile-Paul frères / p.362-363)

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Contenu de la correspondance:

 » Votre correspondance est toujours aimable, cher et bon Petit Père Le Roi, sans compter cette écriture si belle et si ferme qui me promet que vous vivrez cent ans au moins. La dernière ligne est aussi moulée que la première. Enfin je vous le dis comme je le sens, vous êtes plus jeune que moi qui ai été très souffrante. Un rhumatisme sur les reins, un échauffement de poitrine, enfin toutes les misères de notre âge et de cet horrible temps sec qui fait mal à tout le monde. Mon cher ami, je n’aime rien de sec. Et vous ? Ce qui me fait le plus souffrir, c’est une obstruction du foie qui date de mon enfance et que n’ont point guérie tous les chagrins que j’ai éprouvés. Treize révolutions que j’ai vues en France et quatre en Portugal n’améliorent point les obstructions. Oui, j’ai vu treize changements de gouvernements en France ! D’abord : Louis XV ; 2° Louis XVI ; 3° les Etats généraux ; 4° la mort du Roi ; 5° la Convention ; 6° le Directoire ; 7° le Consulat ; 8° l’Empire ; 9° la Restauration ; 10° les Cent Jours : 11° le retour de Louis XVIII ; 12° Charles X ; 13° Louis-Philippe !
 » Je ne vous parle pas du Consulat à vie. C’est la menue monnaie de détail ; comme sous Louis XV, le renvoi des Parlements. J’étais trop jeune pour en disserter savamment ; mais, si je n’écrivais point à un philosophe, je dirais que leur rappel a été le premier abandon du pouvoir royal. Et, cependant, la Cour l’a bien applaudi ainsi que les philosophes d’alors. C’est comme Mme de Maintenon écrivant à Mme de Saint-Géran sur la révocation de l’édit de Nantes :  » Le Roi est prêt à faire tout ce qui sera jugé le plus utile au bien de la religion. Cette entreprise le couvrira de gloire devant Dieu et devant les hommes. » Tout ce qui a l’air beau est bien dangereux et est jugé presque toujours différemment par la postérité.
 » Vous voulez que je bavarde? Eh bien, je vous dirai que, dans mes cinq petites-filles, il y en a une qui est un vrai garçon manqué. Elle a de l’esprit naturel et y ajoute de dire tout ce qui lui passe par la tête. Elle a dix ans. (Georgette-Gabrielle de Flahaut marquise de la Valette, Elle n’avait en réalité que huit ans !) Je ne sais quelle impertinence elle disait l’autre jour à Auguste, car elle s’enivre de son rire, de ses joies et de ses paroles quand sa mère n’y est pas et, dans ce moment, il n’y avait dans ma chambre que mon fils Auguste et moi. Auguste lui répond en riant :  » Point tant de familiarités, Mademoiselle, je suis plus âgé que vous et vous devez me craindre.
 » – Moi, te craindre ?… Moi ! Je te crains comme… comme (elle cherche sans pouvoir trouver et ajoute enfin) : Tiens, je te crains autant que Grand’Maman !
 » Voilà une belle histoire et c’est bien la peine d’envoyer cela si loin… Adieu, mon vrai ami. On vient de nommer un ambassadeur de France près de Dom Pedro. Il emporte nos réclamations, et savez-vous que le Portugal me doit 75.000 francs ? Jugez ce que j’ai souffert ! Si vous voulez faire une bonne spéculation, je vous offre de les acheter pour moitié. Je vous donnerai quittance.
 » P. S. – Je viens de relire ma lettre, très bonne habitude qu’on m’a fait prendre au couvent. Pour rien, je ne l’enverrais pas, aussi vais-je expliquer que je blâme Louis le Bien-Aimé d’avoir renvoyé son Parlement et Louis XVI de l’avoir rappelé. Il aurait dû profiter de l’absolutisme de son aïeul. Je parle là comme si j’étais sur le trône. Mais, pauvre petite particulière, j’aime assez qu’on n’exile plus, de coucher dans mon lit quand cela me convient.
 » Adieu encore,cher ami. Si on lisait une lettre de M.de Polignac datée de la veille des Ordonnances, on y trouverait aussi :  » Cette entreprise couvrira le Roi de gloire devant Dieu et devant les hommes.  » Mais le succès fait tout. Adieu, adieu. Brûlez ce radotage, sans quoi je me contenancerai pour vous écrire. Si vous me satisfaites sur ce point, je ferai comme ma petite-fille et vous dirai tout ce qui me passera par la tête. « 
 
* Madame de Souza et sa famille (baron André de Maricourt / Emile-Paul frères / p.366-368)

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Contenu de la correspondance:

« Vous voyez bien ce jeune homme dont l’avenir me préoccupe et m’intéresse. Quels livres croyez-vous qu’il choisisse pour ses lectures ? Vous pensez qu’il lit des romans, des poésies légères, des mémoires agréables, des contes de Voltaire. A tout cela, il préfère des livres de métaphysique, de théologie. Et savez-vous la raison qu’il m’en donne ? J’étudie les livres de religion, dit-il, parce que je veux tout de suite couler à fond cette question-là. »
 

 

Dans l’entourage de l’Empereur (Emile Dard / Plon / p.49)
Morny et son temps (Parturier / Hachette / p.26)
Madame de Souza et sa famille (baron André de Maricourt / Emile-Paul frères / p.359-360)

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Contenu de la correspondance:

 » Enfin, Voilà une lettre de mon vrai ami, mais j’avais su de ses nouvelles chez M. de Marbois par un jeune M. Le Prieur, référendaire à la Cour des comptes, qui demeure près des Mesnuls. Il m’avait dit que Mme de Nugent (Mme de Nugent, née Le Roi de Camilly nièce de M. Le Roi, était à ses derniers moments. Elle mourut en 1836.) était un peu moins mal et, en vérité, j’ai espéré comme si j’étais de la famille, tant je suis occupée de vous, mon bon ami. Votre lettre détruit cette lueur d’espérance, et je suis tristement atteinte par la sombre tristesse de tout ce qui vous entoure. A votre âge, mon bon ami, et au mien, les idées noires ne s’effacent plus, et l’on se dit douloureusement que vivre c’est voir mourir. Enfin ne me laissez point sans nouvelles de la pauvre malade. M. Le Prieur m’a dit que Mme Charles (Mme Charles de Nugent, née Bourqueney, belle-fille de la malade.) était grosse. Parlez sans cesse à Mme de Nugent de cet enfant. C’est lui donner une idée d’avenir. Peut-être espérait-elle quelques jours de plus à vivre et, de proche en proche, des pensées consolantes pénétreront son âme et adouciront ses derniers instants. Mais je ne veux point ajouter à vos peines en appuyant sur ce qu’elles me causent de tristesse.
 » Je veux vous raconter une anecdote curieuse que vous ne savez peut-être pas, car on l’a beaucoup cachée dans le temps. J’ai été à la fonderie voir la statue de l’Empereur avant qu’elle en fût sortie (La statue de Napoléon de la colonne Vendôme.) et j’ai vu dans l’atelier une statue colossale de Louis XVI, très belle, très ressemblante, et je m’étonnais qu’en quinze ans de temps on eût négligé de la couler en bronze. On m’a appris que cette statue étant sur des dimensions plus grandes qu’aucune qui eût été faite, le fondeur fit tous ses calculs pour ce qu’il fallait de métal et se croyait d’autant plus sûr de son fait que jamais, jamais il ne s’était trompé. Il coule donc sa statue, et vous savez que l’on commence par les pieds. Lorsqu’elle est froide, Mme la Dauphine veut assister au dépouillement. Jugez de l’horreur ! La tête manquait ! Il n’y avait pas eu assez de bronze. Elle fit un cri affreux et s’enfuit disant que cela lui faisait trop de mal. Depuis, on n’a plus songé à cette statue qui est encore là, non celle en bronze, mais le plâtre. J’avoue que cela M’a fait transir. Si vous saviez cette circonstance de toutes les douleurs de cette pauvre princesse, pardonnez-moi de vous les avoir redites, mais je ne puis penser à autre chose… « 

* Madame de Souza et sa famille (baron André de Maricourt / Emile-Paul frères / p.363-365)

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Contenu de la correspondance:

« Voilà Auguste casé. C’est important pour lui. C’est une carrière « 
« Auguste est avec son régiment au camp de Compiègne. Il commande un peloton et je suis bien sûre qu’il croit que sans lui l’armée ne marcherait point. »

Morny, un voluptueux au pouvoir (Rouart / Gallimard / p.81)
Morny, l’homme du second empire (Dufresne / Perrin / p.63)
Le duc de Morny (Marcel Boulenger / Hachette / p.25)