(pas de titre)

1806

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Contenu de la correspondance:

« Je savais la grande passion qu’il avait inspirée à une de mes compatriotes les plus distinguées (…)
Ses réponses furent du meilleur goût, sans aucune jactance ;
 » Charles de Flahaut ! Ce nom ne m’était pas inconnu. J’avais entendu parler de lui comme d’un homme très séduisant qui avait inspiré une grande passion à l’une de nos compatriotes les plus distinguées. Je baissai la tête, décidée à n’être point vue ; mais un son de voix comme jamais je n’en avais entendu vint ébranler cette résolution, et je levai les yeux pour voir quelle figure pouvait avoir un homme qui parlait si harmonieusement. C’est, je crois, la seule personne qu’il me soit arrivé d’écouter avant de la regarder.
Charles avait vingt et un ou vingt-deux ans. Sans être régulièrement beau, il avait une figure charmante. Son regard était voilé d’une mélancolie qui semblait trahir une peine secrète. Ses manières étaient élégantes sans fatuité, sa conversation spirituelle, ses opinions indépendantes. Jamais personne n’a mieux réalisé l’idée qu on se fait d’un héros de roman et d’un preux chevalier. Aussi sa mère s’en est-elle servie comme type qu’elle a reproduit sous différents noms dans ses délicieux romans. Il entendait l’art de la conversation en véritable Français, n’épuisant jamais l’intérêt, passant d’un sujet à l’autre sans brusquerie comme sans lenteur. Vers la fin de la soirée, sa causerie m’entraîna. Je crus m’apercevoir qu’il m’écoutait avec plaisir, et j’avoue que j’en fus flattée. « 

Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.58)
Morny, un voluptueux au pouvoir (Rouart / Gallimard / p.39)
Le Duc de Morny (Loliée / Emile-Paul / p.21)
Madame de Souza et sa famille (baron André de Maricourt / Emile-Paul frères / p.245)
Hortense de Beauharnais (Françoise de Bernardy / Perrin / p.182)

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Contenu de la correspondance:

 » Vous connaissez, Sire, le zèle et l’intelligence qu’ils ont montré pendant toute la campagne; plusieurs fois même, ils ont été assez heureux pour obtenir l’approbation de Votre Majesté… « 
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.54)

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Contenu de la correspondance:

 » Permettez-moi, Sire, de vous rappeler que votre Majesté a eu la bonté de me promettre de l’avancement pour mes aides de camp : le grade de major ou de chef d’escadron pour le capitaine Dery et ceux de capitaine pour les lieutenants Pieron, Brunet, Lagrange et Flahaut. J’ose vous prier de vouloir bien ordonner que leur nomination leur soit délivrée à Munich (Le mariage d’Eugène y fut célébré en présence de Napoléon, le 14 janvier 1806). Cette faveur leur sera très précieuse ; ils désireraient revenir à Paris honorés du grade que Votre Majesté a daigné leur accorder. »
Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.54)

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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
11 juin 1806, Saint-Cloud
Je t’écris de Saint-Cloud, mon cher Eugène. Je suis venue faire mes adieux à maman. Je pars demain ou après ; ma première lettre sera sans doute datée de La Haye. Ce qui me donne le courage de partir, c’est de penser que je reviendrai dans un mois et que j’aurai le bonheur de t’embrasser. L’Empereur me l’a promis. Ainsi, j’y compte. Tu as éprouvé tout ce que je sens. Ainsi je n’en parle plus. J’ai un courage extrême. Je sens même que j’en ai besoin pour maman qui n’est vraiment pas raisonnable.
J’espère que l’Empereur aura toujours de l’amitié pour moi et qu’il verra combien nous l’aimons puisque nous avons toujours mis notre bonheur à faire ce qui lui est agréable.
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J’ai lu ta lettre à maman ; elle m’a fait de la peine. Tu as l’air bien triste ; quand tu m’écris, tu me parles bien peu de toi, cela n’est pas bien : quand on a du chagrin, on le soulage en le confiant à la personne qui doit le sentir aussi vivement que nous-même, et ta lettre est vraiment de quelqu’un qui n’est pas heureux. Songe cependant que tu as le bonheur intérieur, qui n’est pas un petit bonheur et que tout le monde n’a pas. Tu es aimé des personnes qui t’approchent comme de celles qui sont éloignées ; l’Empereur est content de toi : ce sont bien des motifs de consolation. Tu vois que tes chagrins m’occupent encore plus que les miens ; je veux te persuader que tu n’es pas tout à fait à plaindre.
Pour te donner du courage, songe à notre attachement, et, quoique nous devions vivre séparés, nos coeurs et nos façons de penser seront toujours les mêmes et nous rapprocheront toujours.
Je t’embrasse comme je t’aime ; mille choses à ta femme ; je lui écrirai de Hollande.
Hortense

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Contenu de la correspondance:

Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
16 mars 1806 , Paris
Je saisis toutes les occasions de t’écrire, mon cher Eugène, mais je reçois bien rarement de tes nouvelles. Je ne te gronde pas, car je sais que tu es bien occupé : ne te fatigue pas trop, ne va pas te rendre malade pour le mois de mai, car je mets tout mon bonheur dans ce temps-là.
L’Empereur a dit, il y a quelques jours, à maman : « Je gronde quelquefois ton Eugène, mais dis-lui que je l’aime toujours bien. »
Adieu, je t’embrasse comme je t’aime.
Hortense

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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
18 juin 1806, Saint-Leu
J’ai fait tous mes adieux hier, mon cher Eugène. C’est un moment bien triste ; mais je cherche à m’étourdir en pensant que je reviendrai à Paris aussi tôt que toi. Je sais qu’on te prépare le pavillon de Flore. Ainsi ce ne sera peut-être pas long. Les fêtes sont décidément pour le mois d’août : ainsi je suis sûre de te voir bientôt et de passer quelque temps avec toi. J’ai bien besoin de penser que j’aurai du bonheur dans un mois pour supporter le chagrin présent.
L’Empereur a été bon pour moi, mais il ne sait peut-être pas combien je lui suis attachée, car il me semblait quitter mon propre père en le quittant. Il m’a permis de lui écrire souvent ; il parle toujours de toi avec plaisir. Ainsi, mon cher Eugène, ne sois pas triste. Aime ta femme bien tendrement ; il vaut bien mieux qu’elle ne soit grosse qu’après ton voyage en France.
Je pars demain. je quitte la France ; je sens malgré cela que je serai toujours Française.
Quelle destinée est la nôtre ! N’importe, remplissons-la avec courage, et que notre attachement nous console des grandeurs.
Hortense

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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
19 octobre 1806, Mayence
M. de Talleyrand a dû te donner hier les détails de tous nos succès, du moins le peu qu’on en a. Nous attendons toujours les courriers comme le Messie et notre premier soin est de nous partager pour apprendre tout de suite les bonnes nouvelles à toutes les personnes qui nous intéressent et que cela intéresse. Tu es, comme de raison, le premier sur la liste, mon cher Eugène.
J’espère que cette guerre ne sera pas longue, car le commencement est bien brillant. Je crois que ta femme n’est pas fâchée de te voir un peu en repos ; moi, qui sais tout le chagrin que cela te fait, je ne fais que désirer ; mais j’en reviens à ma grande morale qui est la résignation et de voir que tout est pour le mieux.
Adieu, je t’embrasse ainsi que ma soeur. Comment passez-vous votre temps ? Ah ! je vois avec chagrin que je suis bien étrangère à tout ce que tu fais, car tu as si peu le temps d’écrire que je ne sais plus aucun petit détail sur toi, sur ce que tu fais et, quand je pense à toi, je ne sais plus où te trouver. Mes petits enfants t’embrassent.
Hortense
P.S. Feras-tu venir Mme Franjeau en Italie ?

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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
2 juillet 1806, La Haye
Je m’aperçois que nous sommes encore plus loin, mon cher Eugène, car je reçois de tes nouvelles plus rarement. Du moins, à Paris, je profitais de celles des autres et cela me contentait toujours quand je n’en avais pas.
Nous sommes toujours plus contents des Hollandais. Nous avons donné un bal lundi dernier ; quoi qu’on en dise, ils ont dansé avec beaucoup de plaisir.
Hier, nous avons été voir lancer un vaisseau à Rotterdam : jamais on n’ a été reçu avec autant d’enthousiasme, ils ont traîné la voiture et je t’assure que j’étais dans des transes cruelles de voir quelqu’un écrasé. Heureusement il n’y a eu aucun malheur. Nous sommes revenus le soir en yacht, car, dans ce pays-ci, on peut se dispenser d’aller en voiture si l’on veut. Mais, mon cher Eugène, tu sais trop bien comme moi que tous ces honneurs ne font pas le bonheur. Quand nous pourrons causer deux heures en tisonnant le feu, nous nous trouverons, je suis sûre, bien plus heureux.
Mes petits enfants se portent bien ; ils t’embrassent ainsi que moi bien tendrement ; mille choses à ma belle-soeur.
Que je suis impatiente de savoir quand tu viendras à Paris !
Hortense

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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
21 juin 1806, Le Bois
Je suis arrivée mercredi au soir au palais du Bois, mon cher Eugène ; nous avons été reçus à merveille sur toute notre route, mais combien j’ai été triste en quittant la France ! Je sens bien que je serai toujours Française dans le fond du coeur. Les Hollandais sont cependant d’assez bonnes gens, mais comme le pays est triste ! Je crois que si je n’avais pas l’espérance d’aller passer les hivers à Paris, j’aurais le spleen.
Je n’aurai de vrai plaisir que quand je recevrai de tes nouvelles. Ecris-moi bien souvent, je te prie, et aime-moi toujours comme je t’aime.
J’embrasse ta femme.
Hortense

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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
21 octobre 1806, Mayence
Je reçois à l’instant de bien bonnes nouvelles, mon cher Eugène, et je m’empresse de t’en faire part ; mais une chose bien extraordinaire, c’est qu’il n’y a que moi qui les ai ; ce matin, j’ai reçu par l’estafette une lettre de Savary, datée de Weimar du 17. Les courriers de l’Empereur, qui apportent sûrement les mêmes nouvelles, se trouvent arrêtés à Würtzbourg parce qu’il n’y a pas de chevaux. C’est du moins ce que me mande M. Devaux qui va vers l’Empereur. Au reste, Savary m’écrit du château de Weimar. Il me dit que Erfurt s’est rendu et a livré 17 000 prisonniers, cent pièces de canons, vingt-huit drapeaux, dont ceux du régiment de la Reine, brodés de sa main, le maréchal de Moellendorf, le prince d’Orange et dix autres généraux dont on ne sait pas le nom. Tout cela est prisonnier ; c’est une seconde affaire d’Ulm ; la Reine n’a eu que le temps de s’enfuir en calèche. Elle a fait manoeuvrer les troupes devant toute la cour de Weimar : elle était à cheval, portant l’uniforme de son régiment, mais à présent, elle ne pense qu’à s’enfuir.
Adieu, je t’embrasse.
Hortense