(pas de titre)

1805

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« Mme de Souza… est arrivée à Berlin. Il ne paraît plus aussi sûr que son mari aille en Russie ; on dit qu’il se pourrait bien plutôt qu’il terminât sa carrière diplomatique et qu’il prît le parti de vivre pour lui… »
 
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.51)

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 » Mme de Souza est fort affligée parce que M. de Souza n’a pas voulu consentir à mener Charles de Flahaut avec lui. Comme étranger, comme ambassadeur, il n’a pas jugé cela prudent. Nos amis, ajoute Mme de Rémusat, sont tous désoeuvrés et ne savent plus où se nicher. Gallois n’a point encore paru. M. Le Roi s’en va. Bertrand pleure d’un oeil et rit de l’autre du départ de M. Rumford, qui s’en est retourné à Munich. « 
 

Madame de Souza et sa famille (baron André de Maricourt / Emile-Paul frères / p.237-238)

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« La pensée des dangers qui menaçaient une personne à laquelle je pensais trop souvent m’apprenait à quel point elle m’était chère et troublait ma joie (des victoires françaises). Un bulletin arrivait-il, je tremblais, avant de le lire, qu’un malheur ne me fît apercevoir son nom. Un jour il fut cité pour s’être distingué, une autre fois pour une blessure qu’il avait reçue. Heureusement j’étais seule quand je l’ appris : la vivacité de ma douleur n’aurait pu persuader à personne que l’amitié seule m’inspirait cet intérêt. Quand je voyais celle à qui je supposais de l’amour pour lui moins inquiète que moi, je lui en voulais. Quand je la voyais triste et tourmentée, elle me devenait chère, et je lui pardonnais les moments pénibles qu’elle me faisait souvent passer. »

Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin p.53)
Morny, l’homme du second empire (Dufresne / Perrin / p.28)

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Saint-Amand, ce mardi,
P.S. – M de Flahaut et Lagrange ont été bien aimables pour toi ; j’ai eu du plaisir à en parler ; ce sont les seuls qui m’entendaient, car, comme ils sont encore jeunes, ils ne connaissent pas l’ambition, et, comme moi, ne voyaient que du triste dans ta position.
lire la lettre en entier

* La reine Hortense (Françoise Wagener / Jean-Claude Lattès / 1992 / p.217)* La reine Hortense (Françoise de Bernardy / Perrin / 1968 / p.141)
 

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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
14 novembre 1805
C’est aujourd’hui le jour de ta fête et de la mienne, mon cher Eugène. Croirais-tu que je n’ai fait que pleurer quand on est venu me donner des bouquets ? J’ai pensé à l’année dernière où j’avais eu le bonheur de t’embrasser et j’ai pensé combien cette année était triste pour nous deux, puisque nous sommes séparés. J’espère toujours cependant que nous nous verrons bientôt ; l’espérance est une bien bonne chose, je m’en aperçois tous les jours, mais ce qui vaut encore mieux que cela, c’est la certitude réciproque de notre attachement qui ne cessera jamais, j’en suis bien sûre.
Mes petits enfants se réunissent à moi pour t’embrasser et te souhaiter une bonne fête.
Hortense

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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
16 juillet 1805 , Saint-Amand
Il y a quelques jours que je suis aux boues de Saint-Amand, mon cher Eugène ; c’est un pays bien triste ; je n’ai avec moi que Mlle Cochelet et Mlle de Mornay, qui est sous-gouvernante. J’espère qu’Adèle viendra bientôt, mais, comme l’Impératrice est de retour, j’ai bien peur qu’Eglé aille tout droit à Paris et peut-être à Plombières avec maman.
Le général Belliard doit venir prendre les boues ici ; dis-moi franchement ce que tu penses de lui, car je sais qu’il pense un peu à Adèle, quoiqu’il lui ait beaucoup déplu l’hiver dernier. J’espère qu’en le voyant de plus près, elle se déciderait peut-être à l’épouser. Il est temps du moins qu’elle se marie ; j’avais pensé au général Bertrand, mais je ne sais pas quelles sont ses intentions.
L’Empereur a écrit hier à Louis ; il le charge de me dire que tu te portes bien, que tu travailles beaucoup, mais qu’il faut que je t’écrive des lettres gaies et non pas tristes. Est-ce qu’il aurait vu mes lettres ? Dis-moi, je t’en prie, pourquoi il m’a fait dire cela.
Je voudrais aussi te recommander ce pauvre M. Beaufond qui est bien malheureux. Louis lui donnait trois mille francs par an, mais c’était bien peu pour vivre à Paris avec son petit ménage ; si tu pouvais lui faire avoir une petite place, soit même de concierge, dans une des maisons royales, avec les mêmes appointements et logé il serait fort heureux.
Adieu, mon cher Eugène ; malgré tes grandes occupations, tâche, je te prie, de trouver un petit moment pour m’écrire.
Donne-moi un peu le détail de ta journée ; quand je penserai à toi, que je saches au moins où tu te trouves.
Hortense
P.S. Napoléon t’embrasse

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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
17 septembre 1805 , Paris
Je suis arrivée dimanche soir de Saint-Amand, mon cher Eugène. L’Empereur avait écrit à Louis pour lui dire de venir sur-le-champ : il est définitivement gouverneur de Paris.
Hier matin, Lavalette m’a apporté une lettre de toi : j’ai bien senti le désir que tu montres de faire la guerre.
Je suis partie pour Saint-Cloud à midi ; j’ai pleuré en embrassant maman. Nous avons beaucoup parlé de toi, comme tu le penses bien.
J’ai été voir l’Empereur ; il m’a très bien reçue ; il m’a dit « Eh bien ! ton frère, qu’est-ce qu’il dit ? » Je lui ai répondu que tu étais bien triste de ne pas faire la guerre mais que tu l’espérais toujours ; que tu servirais avec plaisir sous Masséna. Il m’a plaisantée en me disant : « Comment, vous demandez qu’il se batte ? Et s’il est tué, le pauvre petit frère… » J’ai cru voir cependant, dans son air, qu’il n’était pas très bien décidé à ne pas te laisser servir ; je lui en ai encore parlé une fois, mais il a toujours changé de conversation en riant, ce qui me donne de l’espérance, car tu sais que, quand il ne veut pas une chose, il le dit tout simplement : « Cela ne se peut pas »
Croirais-tu que cela m’a paru bien extraordinaire de me retrouver dans une Cour ? Toutes les petites intrigues étonnent quand on sort d’une solitude comme celle que j’ai quittée.
Maman se conduit très bien dans tout cela ; elle n’est plus jalouse, ce qui est un grand point ; l’Empereur est fort bien pour elle ; mais adieu, je vais aller voir Mme Murat et sa maman. Je t’écrirai bientôt ; je t’embrasse.
Hortense

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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
18 juillet 1805 , Saint-Amand
Je viens de recevoir ta lettre, mon cher Eugène ; je te promets que mon plus grand plaisir sera de t’écrire ; je suis dans ce moment éloignée de la Cour et peu au fait de ce qui s’y passe. Aussi ne puis-je te parler que de l’hiver dernier.
Tu n’as jamais su les chagrins de toutes les façons que j’y ai éprouvés ; je te gardais tout cela pour ton retour, mais, comme ma vie à Saint-Amand est très monotone, je te raconterai toutes les petites intrigues de cour de l’hiver passé.
Tu as su toutes celles de Mme Duchâtel, mais ce que tu ne sais pas, c’est qu’elle a été, il y a quelques temps, déjeuner chez Mme Murat, qu’elle a dit qu’elle était bien malheureuse, que l’Impératrice lui avait fait beaucoup de tort, qu’elle aimait mieux qu’on lui donnât sa démission ; mais ce qui l’affligeait beaucoup, c’était que l’Impératrice lui avait dit. Comme une femme méchante est dangereuse ! Elle aurait fort bien pu être la maîtresse de l’Empereur. Personne n’y aurait trouvé à redire ; c’était tant pis pour elle ! Mais chercher à brouiller tout le monde est une chose que je ne lui pardonne pas ! Moi, qui ne me mêle jamais de rien, voyant le chagrin que tous les rapports donnaient à maman et à l’Empereur, je crus pouvoir parler au général Duroc. Je lui dis qu’il devait plutôt chercher à adoucir l’Empereur, que c’était le rendre malheureux que de lui dire que l’Impératrice parlait à tout le monde ; comme j’avais passé quelque temps à causer avec lui devant Murat, il alla lui dire ce dont nous parlions. Murat vint me trouver et me dit que l’on se trompait sur les personnes qui aigrissaient l’Empereur, que, lui, il cherchait à l’adoucir. Je croyais bien que sa conversation n’irait pas plus loin. Pas du tout. Le lendemain, l’Empereur la savait. Il me dit que, moi aussi, j’étais contre lui : je lui dis tout franchement ce qui m’avait fait parler à ces messieurs. Duroc me dit que c’était Murat qui l’avait dit à l’Empereur, et Murat, qui a eu une belle explication avec moi depuis, m’a dit que ce n’était pas lui et que c’était Duroc. Lequel croire de tout cela ? Personne, et jamais ne se mêler d’intrigue de cour.
Il m’en est revenu de tout cela que l’Empereur a dit de moi, devant Mme Ney, qui me l’a redit, que c’était étonnant comme j’étais bonne et comme je raisonnais bien ; que je raisonnais si juste qu’on pouvait croire que je ne sentais pas ; mais que je sentais si bien qu’on voyait que c’était le sentiment qui me faisait raisonner si juste. Tu vois que c’est bien aimable. Je te raconte des vieilles histoires, mais je suis persuadée que les choses aimables pour moi te feront toujours plaisir. Napoléon veut t’écrire, et je vois Mlle de Mornay qui lui tient la main ; je vais t’envoyer cette belle épître. J’écrirai à M. Dubois pour ce que tu me mandes.
Hortense

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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
18 octobre 1805
Je reçois tous les jours des nouvelles, mon cher Eugène, mais je ne te les envoie plus, car je sais que tu en as directement de l’armée. Cependant, maman m’a envoyé hier une lettre qu’elle venait de recevoir de l’Empereur ; il disait que tout lui annonçait la campagne la plus brillante, la plus courte et la plus heureuse qui ait été faite : ce sont ses expressions. C’est bien encourageant, mais, quand on pense aux pleurs que ces victoires mêmes vont faire répandre, je t’assure que cela rend toute triste. Justement, ce sont deux colonels que je connaissais qui ont péri aux premières affaires. Le bruit court dans le commerce que nous avons gagné la grande bataille qui devait avoir lieu près d’Ulm. Mais on dit qu’il y a beaucoup de monde de tué, entre autres un aide de camp de l’Empereur. Nous attendons les nouvelles ce soir. Mais juge combien on désire et on redoute l’arrivée du courrier.
Je n’ose pas te dire mon bonheur de savoir que tu ne te bats pas : dans quelles inquiétudes je serais, mais sans doute que tôt ou tard ce sera ton tour ; je sais combien tu le désires et je ne pense qu’avec chagrin à ce moment-là, malgré tout mon désir de penser comme toi.
Ce pauvre Lacuée, comme je le regrette ! Il avait été malheureux, mais, peut-être, après la guerre, aurait-il retrouvé le bonheur qu’il avait perdu par une étourderie. Comme on est triste en temps de guerre ! Je pense quelle est la pauvre veuve que nous aurons à consoler ; les aides de camp de Louis sont presque tous mariés. Mon Dieu, ces vilains Autrichiens qui ne veulent pas nous laisser en paix ! Je puis dire que je suis née en temps de guerre et que je n’ai vu que cela ; quand viendra donc le temps où nous serons un peu tranquilles, car, pour le bonheur, qui est-ce qui l’a ? On peut se contenter de l’intérêt dans le calme, mais c’est encore bien difficile à trouver.
Adieu, je t’embrasse.
Hortense

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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
20 septembre 1805 , Paris
Je vais presque tous les jours à Saint-Cloud voir maman. On dit que l’Empereur part bientôt ; il n’est pas encore décidé si maman ira.
La Cour est comme de ton temps, tout aussi triste ; on ne fait pas grand’chose ; seulement, avant-hier, j’y ai été seule dîner, et quand l’Empereur a été travailler, nous nous sommes mis à danser, à répéter la Monférine et à te regretter, ce qui est notre refrain. Comme j’égaie les soirées de Saint-Cloud, on trouve que je n’y vais pas souvent et on a la bonté de trouver que, quand je n’y suis pas, on est toujours en cercle, ce qui est bien triste. Cela me donnerait de la vanité si j’en étais capable.
Maman a causé avec l’Empereur de toi, et elle a beaucoup d’espérance, dans le peu qu’il lui a dit, que tu seras employé plus activement car tout le monde sent bien que tu ne peux pas rester à Milan tranquillement pendant qu’on se battra.
Tu en sans doute écrit quelque chose à l’Empereur : si tu ne l’as pas fait, je t’engage à lui mander combien tu serais triste de ne pas te battre et il est bon qu’il le sache de toi.
Adieu, mon bon Eugène, je t’embrasse.
Hortense