(pas de titre)

1851

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 » La situation ici est très tendue, et je serais étonné si nous n’avions pas d’ici peu un conflit entre les pouvoirs. »
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.308)
« La situation devient brûlante ici, et je serais étonné qu’elle se prolongeât longtemps sans un conflit entre les pouvoirs de l’Etat. Le Président a ordonné de déchirer dans toutes les casernes l’ordre de l’Assemblée Constituante aux troupes d’obéir aux réquisitions de l’Assemblée. Cette réponse directe à la proposition des Questeurs doit nous mener à une issue. Vous saurez avant longtemps s’il se passe du nouveau. Je vais chez le Président…Que dois-je faire de l’échantillon des bas que Chalotte a donné à Greystone ?
* Le secret du coup d’Etat (Guedalla-Kerry / Emile-Paul 1928 /p.143-144)

toute la correspondance échangée entre Charles de Flahaut et sa femme Margaret Mercer Elphinstone

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« Il est préférable que l’on n’ait pas eu à foncer ; pour que l’opération soit vraiment parfaite, il faut pouvoir la présenter aux bonnes gens de province, comme une entreprise héroïque de salut, rendue nécessaire par la menace « rouge ». Si l’on eût agi le 17 novembre, le coup aurait été dirigé contre le Parti de l’Ordre et aurait ainsi créé une scission entre le Président et les hommes de ce parti. »
 
* Le coup du 2 décembre (Henri Guillemin / Gallimard / p.316)

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« Malgré mon attachement bien naturel pour le Prince, j’espère bien que vous ne le mettez pas en comparaison avec l’affection que je vous porte. »
 
* Dans l’entourage de l’Empereur (Emile Dard / Plon / p.59)

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 » Demain, nous en saurons davantage que ce que vous avez entendu dire à Belgrave Square et j’espère vous dire alors la date de mon retour…J’ai dîné hier chez Mme de Vatey. Nous étions 10, dont 2 députés et 1 colonel (homme fort beau et d’aspect vraiment militaire). La conversation suivante s’engagea. Je dois vous dire d’abord que quelqu’un avait raconté que deux régiments revenant d’une revue et passant devant la Chambre, il y a une quinzaine de jours, avaient bousculé exprès un groupe de députés sur les trottoirs. L’un des deux députés qui dînaient hier se plaignit de l’incident. Alors le colonel, ignorant sa qualité, dit : » – Que voulez-vous, c’est l’esprit de nos soldats. Nous n’aimons pas les bavards et au lieu de les bousculer nous aurions préféré les jeter dans la Seine. »(Le Député) :  » – Mais permettez, mon colonel, j’ai l’honneur d’être député, et ce que vous dites-là ne serait pas aussi facile que vous voulez bien le croire(Le colonel) :  » – Monsieur, je vous demande bien pardon. Je ne savais pas que vous étiez député, sans quoi je ne me serais pas permis de dire une chose qui a pu vous être désagréable. Mais enfin c’est dit, et tout ce que je puis ajouter, c’est que j’espère que vous savez nager ! »L’esprit réactionnaire est poussé à ce point que l’autre jour un Anglais fut refusé (black-balled) au Club parce qu’il s’appelait Gladstone.. »
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.309)* Le secret du coup d’Etat (Guedalla-Kerry / Emile-Paul 1928 /p.156-157)

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« Je viens (rentre), à l’instant, de traverser le pont de la Concorde, d’où j’ai accompagné Auguste vers le ministère de l’Intérieur, dont il allait prendre possession. La Chambre est occupée et entourée par la troupe. En passant devant la maison du général Changarnier, j’ai vu (qu’elle était pleine de) des sergents de ville et des gendarmes mobiles qui (étaient en train) l’arrêtaient. Il y a beaucoup d’autres arrestations. (Beaucoup d’autres personnalités, d’ailleurs, doivent être arrêtées) Les troupes détestent (haïssent) l’Assemblée et sont bien disposées (très favorable) pour le président. Il pourra y avoir des troubles locaux (quelques résistance locales) , mais on ne peut douter du succès à Paris (le succès à Paris ne fait aucun doute). Le président m’a demandé (prié) de l’accompagner à cheval et m’a prêté une monture. S’il y a du nouveau dans le courant de la journée, je vous écrirai. J’ai d’ailleurs dit à Auguste de vous envoyer une dépêche télégraphique.. »

Le Duc de Morny (Robert Christophe / Hachette / p.96-97)
Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.310-311)
Le secret du coup d’Etat (Guedalla-Kerry / Emile-Paul 1928 /p.159)

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Télégramme reçu à 11h30 du matin, le mardi 2 décembre. South-Eastern Railway. Electric Telegraph. De M de Morny, ministre de l’Intérieur, à la Comtesse de Flahault (Countess Flahaut), Grosvenor Square, Londres.
« L’Assemblée est dissoute. Le Président de la République lance un appel au peuple. »
 

Le secret du coup d’Etat (Guedalla-Kerry / Emile-Paul 1928 /p.160 )

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Chère Mme de Flahaut

J’ai répondu en partie à vos questions politiques par quelques éclaircissements que M. de Flahault a dû vous donner et par l’envoi de la Constitution (On étudiait alors la révision de la Constitution de 1848).
Vous devez bien comprendre aujourd’hui quelles sont les chances légales qu’a le Président pour sa réélection. A mon avis, il n’en a aucune, et la solution ne peut être que extra-légale. Ainsi que vous avez pu en juger, les pouvoirs du président expirent avec ceux de l’Assemblée, et si l’Assemblée actuelle n’a pas déclaré la constitution révisable, elle préside elle-même à l’élection présidentielle et veille à l’application rigoureuse de la loi. De sorte qu’elle peut étouffer la volonté populaire en déclarant nuls tous les bulletins anticonstitutionnels. Donc il fait qu’aux trois quarts des vois de l’Assemblée actuelle la Constitution soit déclarée révisable, ou bien qu’un conflit arrive qui supprime un des deux pouvoirs. Je ne crois pas que les trois-quarts des voix puissent se trouver d’accord dans notre Assemblée, ou une simple majorité est déjà difficile à former. (Morny avait raison. Bien que la majorité de l’Assemblée se fût prononcé, plus tard (le 19 juillet), en faveur de la révision, le nombre de voix requis n’était pas atteint) ; donc il faut tout attendre du hasard. J’ai l’idée qu’après le refus de la révision, l’Assemblée sera devenue si impopulaire qu’elle sera obligée à se retirer sous les imprécations du pays – mais enfin c’est toujours une mort violente.
Je vois que vous commencez aussi à entrer dans de grands embarras et j’avoue que je ne comprendrais pas la formation, ou au moins le durée d’un ministère tory. Avec les éléments de la Chambre des Communes et les circonstances qui ont précédé et causé la chute du ministère whig, je comprendrais plutôt une alliance entre Palmerston et les radicaux. Je crains que l’Angleterre n’entre dans de grandes difficultés, mais, malgré l’inquiétude générale, j’ai toujours foi dans le bon sens des habitants. je voudrais pouvoir en dire autant de mes compatriotes !
 » Ainsi, M de Flahaut a refusé l’ambassade de Londres. A-t-il été sage ? Si sa conscience dit « oui », je n’ai rien à ajouter. Mais plus je pèse ses motifs, moins je les trouve bons… (plus je réfléchis à ses raisons, moins je les trouve bonnes) D’abord celle de Palmerston disparaît, je ne la discute plus (Lord John Russell venait de démissionner ; il retira d’ailleurs sa démission quelques temps après). Je pense que ses scrupules n’existeraient pas à l’égard de Lord Aberdeen ou de tout autre. Sa situation n’est-elle pas tout à fait différente de celle des autres serviteurs de l’ancien roi ? (Maintenant n-est-il pas une exception parmi ceux qui ont servi le dernier roi ?) Son attachement pour l’Empereur et pour la reine H. (Hortense) ne serait-il pas une justification suffisante pour qu’il témoignât un dévouement particulier au prince Louis ? Quant à (son objection de) servir la République, elle ne peut être prise au sérieux. Cavaignac ou Ledru-Rollin étaient la république, mais depuis l’établissement de la présidence la république n’existe plus que de nom… (La République c’était Cavaignac ou Ledru-Rollin. Depuis la Présidence, la République n’est plus qu’un mot, qu’une forme, qui ne répugne que par son instabilité, mais qui n’est plus qu’une objection pour ceux qi préfèrent la Monarchie.) (puisqu’au fond,) c’est le prince Louis qui gouverne (qui représente le gouvenement). On peut lui faire certains reproches – sa personnalité, les souvenirs qu’il évoque, les espoirs qu’il éveille – mais ce ne sont pas eux qui troublent M de Flahaut, au contraire ! (C’est sa personne, les souvenirs qu’il rappelle, les espérances qu’il fait naître, qui sont les vraies objections. Or ce n’est pas ce qui arrête M de Flahalt, c’est le contraire.) Le prince regrette infiniment son refus. (Le Prince a beaucoup regretté son refus) S’il pouvait, en raison (considération) de la gravité de la situation intérieure, de l’importance des bonnes relations entre la France et l’Angleterre (de l’utilité extrême des bons rapports entre la France et l’Angleterre) et du fait qu’il est en son pouvoir de rendre de si grands services, reconsidérer la chose, je vous en prie, faites-le moi savoir. (S’il revenait sur son refus, dites-le moi.) Le prince serait charmé et l’enverrait immédiatement à Londres. (Cela enchanterait le Prince qui lui confierait l’ambassade de Londres immédiatement.)
Adieu, chère Madame de Flahaut. Je ne sais si [vous] pourrez lire ma mauvaise écriture ! Croyez à ma bien sincère et bien profonde affection.
AUGUSTE
Je finis ma lettre lundi, 24 février (L’anniversaire de la Révolution du 24 février 1848). Quelle date ! pardonnez-la-moi.
 
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.305-306)* Le secret du coup d’Etat (Guedalla-Kerry / Emile-Paul 1928 /p.118-119)

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« … J’aimerais à connaître l’opinion de Flahault là-dessus. (éventuelle invasion de l’Angleterre comme moyen pour Louis-Napoléon de consolider son usurpation) »
 
* Le secret du coup d’Etat (Guedalla-Kerry / Emile-Paul 1928 /p.204)

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« C’est pour une large part grâce à lui (Charles) que le coup d’Etat et ses conséquences, après quelques marques d’hostilité à ses débuts, fut en somme accueilli avec une relative sérénité en Angleterre. »
 
* Morny et son temps (Parturier / Hachette / p.95)

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 » Je reçois votre lettre et m’empresse d’y répondre. J’ai dit au Pr[ince] qu’il pouvait compter sur moi pour lui rendre tous les services en mon pouvoir (tout ce qui pourrait lui être utile) et vous savez combien je désire (je suis disposé à) tenir ma promesse. Il peut donc être assuré de mon zèle et de mon dévouement (compter sur mon empressement et dévouement), mais je ne suis pas sûr, si j’étais à sa place (je ne crois pas qu’à sa place) , que je donnerais à la notification qu’il veut me charger de faire l’importance d’une mission extraordinaire. Lorsqu’on a affaire à des têtes couronnées avec tout leur formalisme et leurs traditions, il faut s’attendre à rencontrer des difficultés, et la notification peut n’être pas reçue d’une manière digne de son importance. (Il faut prendre garde, avec les têtes couronnées, de rencontrer dans les usages et étiquettes établis des obstacles à une réception équivalente à l’importance de la démarche.) Il n’y a de précédent que ce qui regarde le Président des Etats-Unis, et je ne pense pas qu’il ait jamais notifié son élection de cette manière. Vous savez que c’était mon opinion à Paris relativement à toutes les cours. Les agents accrédités sont les plus convenables pour toutes les communications à faire aujourd’hui. »
 
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perin / p.315-316)* Le secret du coup d’Etat (Guedalla-Kerry / Emile-Paul 1928 /p.210)