(pas de titre)

1836

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Contenu de la correspondance:

 » J’ai été avec M de Talleyrand. MM de Palhen et Apponyi y étaient pâles de terreur d’avoir vu le nom de M de Flahaut sur une liste ministérielle. »
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.252)

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Contenu de la correspondance:

 » Mme de Souza a espéré jusqu’à ce moment pouvoir remercier son excellent ami M. Leroy de l’intérêt qu’il veut bien prendre à sa santé, mais, quoique moins souffrante, elle se trouve encore forcée d’avoir recours à un tiers pour faire parvenir de ses nouvelles aux Mesnils (sic).
 » Elle a bien souffert de ses maux de coeur avec vomissements depuis sa dernière lettre, et force a été de faire deux nouvelles applications de sangsues avec accompagnement de vésicatoires, etc., etc. Mais voilà l’irritation qui cède enfin et les maux de coeur à peu près cessés. Il ne reste plus qu’une grande faiblesse qui passera avec le temps, si de nouveaux accidents ne viennent pas prolonger cette diète absolue qui dure depuis deux mois. Mme de Souza espère que le mauvais temps n’aura eu aucune influence fâcheuse sur la santé de M. Leroy, et elle attend de ses nouvelles avec impatience, car son premier besoin, en cessant de souffrir, est de s’occuper d’un aussi parfait et respectable ami. (Après la mort de Mme de Souza, Le Roi revint rarement à Paris et vécut au château des Mesnuls où il demeurait, entouré d’une nombreuse famille, chez son petit-neveu, le comte Charles de Nugent. Ne donnant aucun signe de caducité, lisant sans lunettes, il ne quitta plus guère sa bibliothèque où s’écoulaient ses journées consacrées au travail. Il n’en sortait qu’à regret, déclarant  » la promenade le premier des plaisirs insipides « . Chaque matin, ses proches venaient le saluer, et il les recevait avec une étincelante gaieté. Parfois il s’excusait du léger assoupissement auquel il s’abandonnait après le repas et, ne voulant point avouer qu’il avait prosaïquement dormi, il disait en souriant :  » J’ai plongé mon esprit détendu dans la molle quiétude de ce recueillement contemplatif qui nous fait arriver, avec la folle du logis, jusqu’aux vagues espaces de la somnolence.  » En 1838, on célébra son centenaire et, comme on l’engageait plaisamment à rompre ce célibat auquel il attribuait sa tranquille longévité, pour unir ses destinées à celles d’une arrière-petite nièce âgée de cinq ans :  » Point, dit-il, je ne veux pas de cette sorte de placement à 5 0 /0. A cent deux ans, il projetait de revenir à Paris pour comparer le jeu de Mlle Rachel à celui de la Clairon, lorsqu’on lui fit objecter – c’était en hiver – qu’il serait préférable d’attendre la belle saison pour se déplacer. Il s’y résigna malaisément, et il ne revit point Paris, car il mourut aux Mesnuls en 1846, à l’âge de cent six ans.)

Madame de Souza et sa famille (baron André de Maricourt / Emile-Paul frères / p.376)

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Contenu de la correspondance:

 » Ah ! mon vrai ami, écrit-elle à M. Le Roi, le 18 janvier 1836, quelle douleur nous éprouvons ! Ma seconde petite-fille, (Clémentine-Marie-Hortense de Flahaut, décédée à Paris le 5 janvier 1836. Ce prénom d’Hortense, rappel discret d’un passé à jamais disparu, prouve que Mme Charles de Flahaut n’avait point la jalousie rétrospective.) âgée de quinze ans, nous a été enlevée après huit jours de maladie, belle, forte, et un ange pour le caractère et la bonté. Mon fils (Un dernier mot sur la carrière et la vie de Charles de Flahaut, qui n’apparaîtra plus au cours de ce récit. En 1837, au moment de son mariage, le duc d’Orléans, qui l’avait particulièrement remarqué au siège d’Anvers, le choisit comme premier écuyer lorsqu’il formait sa maison. Flahaut ne conserva pas longtemps ce poste. Pendant tout le règne de Louis-Philippe le salon de sa femme eut une certaine importance politique. M. de Flahaut paraissait rarement à la tribune de la Chambre des Pairs. Il était du petit nombre des membres de cette assemblée qui votaient constamment contre les lois restrictives des libertés publiques. C’était un libéral anglais dans toute l’acception du terme (Cf. Piel de Troismonts, Diplomates et Hommes d’Etat de la France moderne, 1856). En 1841, il fut nommé ambassadeur à Vienne, poste qu’il conserva jusqu’à la Révolution de février. Le Gouvernement provisoire le mit à la retraite par un décret du 17 avril 1848 et, lorsque l’Assemblée législative eut annulé cette mesure par un décret du 11 août 1849, il ne demanda pas à rentrer dans les cadres. Au 2 décembre 1851, il se mit à la disposition du Président de la République et fit partie de la commission consultative nommée alors. Créé sénateur en 1853, il fut appelé en 1854 à faire partie de la commission instituée pour recueillir la correspondance de Napoléon 1er, puis nommé ambassadeur à Londres en novembre 1860. Il perdit sa femme le 12 novembre,1867, et il rnourut lui-même, grand chancelier de la Légion d’honneur, le 1er septembre 1870. Plusieurs membres encore existants de la haute société parisienne qui ont fréquenté sous 1’Empire à la Grande Chancellerie se souviennent encore des manières exquises et tout à fait dans le goût du XVIIIè siècle que le fils de Mme de Souza conserva jusqu’à sa mort. Mme de Flahaut demeure généralement en leurs mémoires sous un aspect plus austère. Il est inutile de rappeler ici la carrière suffisamment connue d’Auguste de Morny qui, attaché dans sa jeunesse à la dynastie d’Orléans, imita Charles de Flahaut dans sa nouvelle et naturelle évolution vers le Gouvernement impérial. M. de Flahaut survécut à Morny et assista ses derniers soupirs. Si, comme on le prétend aussi, il avait été témoin des derniers moments de M. de Talleyrand, on peut dire, en songeant aux heures poignantes vécues par cet homme en face de deux moribonds auxquels nuls liens ne l’attachaient aux yeux du monde et dont la douleur devait se manifester discrètement, que l’histoire surpasse parfois la tragédie.) est au désespoir, et moi je regrette cette petite de tout mon coeur. Avant-hier, ma vieille Polly est tombée et s’est cassé le bras. A tout cela, une de mes nièces, fort dévote, (Probablement Mme de Capellis.) dit en soupirant :  » C’est tout simple. L’année commence par un vendredi.  » Je ne crois pas à cette fatalité, mais je crains le froid pour votre catarrhe. Donnez-m’en de vos nouvelles, cher ami, et croyez bien que personne, je dis personne, ne vous est plus attachée que votre vieille amie. Vous le voyez : j’ai eu besoin de vous dire que j’avais de la peine. « 
(notes du baron André de Maricourt)

Madame de Souza et sa famille (baron André de Maricourt / Emile-Paul frères / p.373-374)

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« Morny y avait l’attitude d’un maître de maison, silencieux et presque morose. Il n’avait nul esprit de conversation ; sa voix et son accent étaient vulgaires, sans expression, sans facilité, ni grâce ; et quoique ses manières rappelassent Flahaut, il était commun. »
 
* Morny, un voluptueux au pouvoir (Rouart / Gallimard / p.98-99

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« Dans des circonstances critiques, il a montré non seulement le courage brillant de la jeunesse, mais encore une entente de la guerre, une présence d’esprit qui n’appartient ordinairement qu’à un âge avancé. Pendant la retraite, malade lui-même, il a été prodigue pour les blessés de ses chevaux et de ses ressources en aliments que chacun cherchait à conserver pour soi. »

Morny, un voluptueux au pouvoir (Rouart / Gallimard / p.95)
Morny et son temps (Parturier / Hachette / p.33)
Morny, l’homme du Second Empire / Dufresne / Perrin / p.73)

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 » Mme de Souza, affaiblie par deux mois de diète, n’aurait pas la force d’écrire elle-même à M. Leroy. Les vomissements ont cessé. Elle n’a plus de fièvre depuis quatre jours, et elle espère pouvoir bientôt reprendre un peu de nourriture. Aussitôt qu’elle le pourra, elle donnera de ses nouvelles à M. Leroy, heureuse qu’elle sera de reprendre elle-même une correspondance à laquelle elle attache le plus grand prix. « 

Madame de Souza et sa famille (baron André de Maricourt / Emile-Paul frères / p.375-376)

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 » On veut toujours, et l’histoire prouve la vérité de ce mot toujours, autre chose que ce qu’on demande. Signaler cette autre chose, quelle qu’elle soit, est qualifié de calomnie odieuse … »

Talleyrand le Prince immobile (Emmanuel de Waresquiel / Fayard / p. 607)

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 » Je vous ai écrit il y a deux jours, vous aurez vu mon opinion pour votre sœur [Morny], je veux qu’elle se trouve heureuse, et si mon amour-propre a été souvent trahi, qu’elle se place, bon gré mal gré, comme ne croyant à rien de ce que l’on débite, et qu’elle en impose par là. Je sens que c’est de la fortune qu’il faut pour cela et de l’indépendance, et c’est à quoi il faut travailler…
Il eût été plus heureux d’insinuer, puisqu’on a voulu absolument qu’il y eût mystère pour votre sœur, qu’elle était plutôt de mon frère l’aîné. Sa ressemblance eût été fort simple, ainsi que l’intérêt que l’on aurait pu avouer hautement. Mais je persiste encore à dire qu’il est préférable de la faire légitimer, et de soutenir, bon gré mal gré, que cela est. Ensuite on peut laisser penser tout bas que M Dunant [Flahaut] ou mon frère ont été très amoureux de sa mère, mais qu’elle est née légitimement. »

Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.256)
Morny, l’homme du Second Empire (Dufresne / Perrin / p.71)

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 » J’ai été heureuse d’apprendre ce qui regarde votre soeur [Morny], mais je ne puis vous exprimer mon inquiétude. J’en avais de tous les côtés et je ne sais encore comment ma tête n’est pas tournée. Ce n’est pas le courage qui me manque ; c’est d’en avoir trop qui fait mal, car il faut tout renfermer et la santé s’en ressent. J’ai pensé à vous, ma chère enfant, je me suis dit : elle a senti comme moi ; a-t-elle pu le cacher ? N’aura-t-elle pas montré trop d’intérêt en laissant voir son inquiétude ?
« Vous voyez que je me tourmentais de tout cela, et cela prouve au moins ma tendresse. J’ai recu aussi des détails par M. Dunant [Flahaut] et je lui ai su gré de cette attention… Il me tarde bien d’être tranquille de l’autre côté et je ne demanderai plus rien. Je retrouverai peut-être le repos, car j’ai encore un pouls agité et, sans aucun danger, ma santé a besoin de soins… « 

Morny, l’homme du Second Empire (Dufresne / Perrin / p.71-72)
Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.257-258)
La reine Hortense (Françoise de Bernardy / Perrin / p.451)

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Contenu de la correspondance:

 » La seconde fille de Mme de Flahaut est au plus mal. »
 
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.251)