(pas de titre)

1862

Toutes les correspondances de l'année :
Contenu de la correspondance:

 » Lord Russell pense toutefois qu’en vertu de la solidarité qui lie leurs gouvernements dans une action commune, et de la garantie réciproque qu’ils se prêtent, chacun des commissaires a le droit de faire des observations et de dire son opinion sur l’ultimatum de ses collègues. Le principal secrétaire d’Etat s’associe pour sa part à celle qu’a exprimée Sir Charles Wyke à propos des clauses de l’ultimatum présenté par M Dubois de Saligny, notre demande de douze millions de piastres lui semble exagérée…, la clause qui exige l’exécution du contrat fait avec la maison Jecker lui paraît motiver les plus sérieuses objections, il m’a dit qu’à ses yeux ce n’était pas un de ces engagements qui méritait une protection telle qu’il fallût en poser l’exécution comme une des conditions d’un ultimatum. « C’est, a-t-il ajouté, une mauvaise affaire, à laquelle je me permets de vous engager de renoncer. »
 
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.354)

Toutes les correspondances de l'année :
Contenu de la correspondance:

 » A la condition de l’abandon par notre commissaire de l’affaire Jecker dont Lord Russell a la plus mauvaise opinion et de la nomination d’une commission nommée par vous et appelée plus tard à fixer le chiffre de nos réclamations, il s’engage à recommander à Sir Charles Wyke de s’entendre avec son collègue… »
L’Ambassadeur de France à Londres (Flahault)
au ministre des Affaires étrangères.
Londres le 11 mars 1862
Monsieur le Ministre, j’ai vu hier le Principal Secrétaire d’Etat et mon entretien avec lui a été presque exclusivement consacré à la situation qu’a créée le grave dissentiment survenu entre les commissaires des Puissances alliées au Mexique. Il importe trop au succès de notre expédition que l’entente se rétablisse au plus tôt, pour que je ne me sois pas tout d’abord efforcé de vider la question du différend entre M. Dubois de Saligny et Sir Ch. Wyke à propos de l’ultimatum rédigé par le premier. J’ai donc fait connaître immédiatement au Principal Secrétaire d’Etat l’approbation que le Gouvernement de l’Empereur donnait à la conduite de son commissaire. M’inspirant de la dépêche de Votre Excellence du 7 mars, dont j’ai cru pouvoir lire plusieurs passages, j’ai amené lord Russell à reconnaître que le commissaire de Sa Majesté Britannique avait méconnu l’esprit de la convention signée à Londres, lorsqu’il avait refusé son assentiment au projet d’ultimatum de la France. Comme nous, lord Russell n’admet point, en effet, que les demandes formulées par un des représentants des Puissances alliées doivent avoir au préalable l’assentiment des deux autres ; il pense toutefois qu’en vertu de la solidarité qui lie leurs Gouvernements dans une action commune, et de la garantie réciproque qu’ils se prêtent, chacun des commissaires a le droit de faire des observations et de dire son opinion sur l’ultimatum de ses collègues. Le Principal Secrétaire d’Etat s’associe, pour sa part, à celle qu’a exprimée sir Ch. Wyke à propos des clauses de l’ultimatum présenté par M. Dubois de Saligny. Notre demande de douze millions de piastres lui semble exagérée : la clause qui exige l’exécution du contrat fait avec la maison Jecker lui paraît motiver aussi les plus sérieuses objections ; il m’a dit qu’à ses yeux ce n’était pas un de ces engagements qui méritaient une protection telle qu’il fallût en poser l’exécution comme une des conditions d’un ultimatum.
Je ne connaissais point suffisamment le contrat dont il s’agit, Monsieur le Ministre, pour pouvoir entrer, sur ce point, dans une discussion approfondie ; je me suis borné à répondre que Votre Excellence avait laissé M. Dubois de Saligny libre de modifier ses exigences et que ce dernier aurait consenti à laisser l’affaire Jecker parmi les questions réservées, si sir CH. Wyke avait voulu donner son assentiment aux autres conditions contenues dans l’ultimatum français et notamment à la première. Quant à l’exagération prétendue de la somme dont nous avions ficé le chiffre, j’ai maintenu le droit qu’avait eu le plénipotentiaire français de comprendre toute sa demande, non-seulement les créances qui avaient fait précédemment l’objet de conventions avec le Gouvernement mexicain ; mais encore celles qui n’avaient pas été reconnues par ce dernier et qui n’étaient pas liquidées, et, à ce propos, j’ai laissé entendre que si on continuait à prétendre que nous devions renfermer les réclamations que nous nous croyons en droit d’exiger du Mexique dans la mesure de celles dont les représentants de la Grande-Bretagne et de l’Espagne étaient décidés à se contenter, ce serait peut-être nous conduire à examiner si nos intérêts n’auraient pas trop à souffrir de concessions faites au maintien d’une action commune, et s’il ne serait pas préférable pour nous de poursuivre séparément les satisfactions qui nous sont dues. J’ai ajouté qu’il paraissait essentiel avant tout au Gouvernement de l’Empereur que le Gouvernement mexicain ne pût pas se trouver plus tard en position de discuter les obligations qui lui auraient été imposées, et que c’était surtout dans ce but qu’il jugeait nécessaire de fotmuler ses exigences en fixant dès aujourd’hui le chiffre des indemnités mises à la charge du Mexique. « Ce chiffre peut être maintenu ou modifié par notre commissaire, ai-je dit ; mais une fois accepté par le Gouvernement mexicain, nous ne nous refuserons pas à ce qu’une commission spéciale détermine plus tard exactement ce que doit être, en définitive, le montant de notre indemnité, pour satisfaire strictement à nos réclamations. » Et j’ai alors indiqué quelles facilités de temps nous étions disposés à accorder au Gouvernement mexicain pour s’acquitter. Lord Russell a accepté cette idée d’une commission et m’a annoncé qu’il allait inviter sir Charles Wyke à se désister de son opposition.
Signé Flahault
 
* Charles de Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.354)

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 » Nous sommes décidément à la veille de la crise que je prévoyais. L’Empereur, sans entre avec ses ministres dans l’examen des graves questions pendantes, semble résolu à les inviter tous à donner leur démission et à reconstituer ensuite le Cabinet sous l’influence que représente le comte Walewski. Le prince de la Tour d’Auvergne ou M Drouyn de Lhuys serait mon successeur. Ma retraite, en soi, aurait peu de valeur, mais si MM Fould, Rouher, Baroche et Billaut, comme ils y paraissent disposés, ne veulent pas entrer dans la combinaison préparée par le comte Walewski, l’ensemble de la situation deviendrait singulièrement grave au point de vue extérieur. Le duc de Morny en est très frappé et doit exprimer demain toute son opinion à l’Empereur. »
 
* Morny et son temps (Parturier / Hachette / p.225)

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 » Dans une dépêche du 20 du mois dernier, vous m’avez fait l’honneur de m’annoncer que, par une démarche directe, vous aviez prié l’empereur de vouloir bien vous décharger de vos fonctions d’ambassadeur à Londres. Sa Majesté a daigné m’entretenir de vos intentions en se flattant, avec moi, de l’espoir qu’elles n’étaient pas irrévocables… Mais l’empereur a dû déférer à l’expression réitérée de vos désirs et, sur ma proposition, Sa Majesté a signé un décret qui appelle M le baron Gros à vous remplacer… »
 
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.362)

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 » Je savais déjà la nomination de Gros puisque Russell me l’a apprise, dès le 13, Cowley ayant été chargé de demander son agrément.
J’ai répondu à Lord Russell que vous ne m’aviez pas dit un mot de cette proposition, mais je ne m’en suis pas moins empressé de lui dire tout ce qui m’a paru de nature à la faire accepter. Je suis charmé qu’elle l’ait été et, en ce qui me regarde, que cela ait mis fin à un état de choses qui, depuis ma démission donnée, ne pouvait convenir à personne. »
 
* Flahaut (François de Bernardy / Perrin / p.362)

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 » Il est impossible de na pas admettre, vu la façon dont l’affaire a été conduite, que le but de la convention de Londres avait en vue, semble disparu et qu’au fait, c’est le renversement du gouvernement Juarez que nos commissaires se proposent d’accomplir. C’est là-dessus que le général Prim et Sir Charles Wyke se fondent pour se retirer de l’affaire.
Nous voilà donc seuls en face du Mexique. S’il ne s’agissait que d’obtenir le redressement de nos griefs et les compensations qui nous sont dues, je ne m’en inquièterais pas, mais j’avoue que je vois avec peine la responsabilité que nous assumons de renverser le gouvernement établi et d’en fonder un autre sur un terrain aussi mouvant, surtout en songeant que si les Etats-Unis réussissent à sortir de leurs embarras, ils ne manqueront pas de porter tous leurs efforts contre la monarchie que nous aurons établie. Il faudra donc la défendre et cela imposera à la France une bien lourde charge… »
 
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.355-356)

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 » Je sais que M de Flahaut a mis en demeure Votre Majesté d’opter entre lui et moi, mais, comme je n’ai nullement refusé de siéger avec lui, je ne supposais pas que vous puissiez céder à ses exigences. »
 
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.366)

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Mon cher L.
Je partage entièrement votre manière de voir sur les inconvénients et les dangers qui résulteraient de la continuation du système adopté par la Commission pour la publication de la Correspondance de l’Empereur.
Parmi les premiers je place le principe qui paraît prévaloir d’imprimer même les lettres ou pièces les plus insignifiantes, du moment où l’on peut tracer leur origine comme venant de l’Empereur ou de son cabinet. Si nous continuons ainsi il en résultera que nous publierons un ouvrage interminable et terriblement ennuyeux, dont personne ne voudra, et qui ne se trouvera que dans les bibliothèques publiques auxquelles l’Empereur en aura fait présent. Je n’ai pas reçu une épreuve dans laquelle je n’eusse désiré supprimer bon nombre de lettres, tout en en conservant assez pour prouver qu’aucun détail n’échappait à l’infatigable attention du grand homme.
J’arrive maintenant aux dangers qui découleraient des pièces semblables à celle (10,060) que vous m’avez envoyée, et je n’hésite pas à dire que sa publication ferait un grand tort à la mémoire de celui à qui l’Empereur s’est proposé d’élever un monument ; car une politique semblable justifierait celle adoptée contre lui en 1814 et 15, alors et depuis si généralement blâmée par tous les hommes honnêtes et impartiaux. Je n’ai point reçu la pièce 10,138, et ne puis par conséquent exprimer aucune opinion.
Quel but s’est proposé l’Empereur Napoléon III en ordonnant cette publication, et en instituant cette Commission ? A-t-il entendu que l’on imprimerait aveuglément tout ce qui serait sorti du cabinet de son oncle ? ce serait la première fois que l’héritier et le successeur d’un grand homme aurait voulu une telle chose. Aussi n’est-il pas évident que ce n’est pas là son intention ? – mais qu’il a cru que la commission, composée d’hommes éclairés et dévoués à la gloire impériale – ne donnerait pas de publicité à des pièces qui n’y étaient pas destinées et qui avaient été écrites ou dictées dans des moments ou des circonstances où le génie le plus puissant, le plus fort, et le plus élevé, n’est pas toujours maître de lui-même.
En ce qui touche au mérite de l’ouvrage et aux intérêts de l’Empereur Napoléon III et de la France dans la publication de la Correspondance de Napoléon Ier, je ne prétends à exercer d’autre influence que celle qui appartient à tous mes collègues, certain que ces intérêts leur sont aussi chers qu’à moi-même. Mais sa Majesté l’Empereur ayant été consultée et ayant déclaré que la commission était souveraine, je crois devoir lui dire qu’ayant eu l’honneur d’être aide de Camp de l’Empereur Napoléon Ier, et pénétré d’un profond respect pour sa mémoire, s’il arrivait qu’elle autorisât l’impression d’une pièce confidentielle – écrite dans un moment d’irritation et qui n’était pas destinée à devenir publique et qui fut de nature à porter atteinte à la considération du grand homme duquel elle serait émanée – quel qu’honneur que ce soit de compter dans ses rangs, je me croirais obligé de prier l’Empereur de me permettre de ne plus m’en faire partie.
Vous connaissez, mon cher Léon ( ?), tous les sentimens que je vous ai voués.

The First Napoleon / Some unpublished documents from the Bowood papers / The Earl of Kerry / p. 333-334

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« Les bonnes résolutions de notre ministre des Affaires étrangères, signifiées à Londres par le comte de Flahaut, furent malheureusement de courte durée. »
 
* Morny, l’homme du second empire (Dufresne / Perrin / p.325)

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 » J’ai lu à Morny le passage de votre lettre qui le concerne et voici ses projets. Il nous quittera lundi matin, s’arrêtera à Londres un jour ou deux et sera probablement à Paris à la fin de la semaine prochaine… Ci-inclus une lettre de Morny. »
 
* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.360)