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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène | 23 août 1809 , Plombières

Titre de la correspondance: Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène | 23 août 1809 , Plombières
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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
23 août 1809 , Plombières
L’Impératrice est arrivée à Malmaison bien portante, mon cher Eugène. Moi, je reste encore à Plombières avec mes enfants. Le temps est superbe et les eaux commencent réellement à me faire du bien ; d’ailleurs je suis tranquille ici.
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Paris, sans l’Empereur, est une chose triste, et je redoute de rentrer dans le grand monde : aussi, à moins que l’Empereur ne revienne, je resterai ici autant que la saison le permettra. Nos plaisirs ne sont pas bien bruyants : je me lève à sept heures pour me baigner, je prends mon lait, je me recouche, je déjeune à onze heures. Je vais me promener avec mes enfants ; je dessine d’après nature ; ils jouent avec des pierres, de l’eau ; le petit veut en tout imiter son frère ; je dîne à six heures ; toutes les personnes qui me sont présentées viennent comme elles venaient chez l’Impératrice ; on fait une partie ; nous faisons quelquefois un peu de musique et tout cela finit à neuf heures du soir où je vais me coucher. C’est une vie bien douce. Nous n’avons en gens aimables que M. de Boufflers, qui l’était autrefois : il nous lit des contes ; il se ressouvient de son esprit, mais il n’en a plus ; sa femme est mieux ; elle me fait des romances que je mets en musique. Mme de Coigny est une de tes anciennes amies ; sa gaieté et son esprit n’ont pas vieilli et nous parlons souvent de toi. Après cela, il faut tirer l’échelle. Nous avons bien encore un nouveau chambellan de l’Empereur, mais qui n’est qu’un bon enfant et voilà tout. Tu vois que tout cela n’est pas très amusant, mais cela m’est égal. Je craindrais de m’amuser davantage parce que je n’ai besoin et je ne veux que de la tranquillité.
Je ne te parle pas de notre grand bonheur qui est de recevoir l’estafette. Malheureusement notre attente est souvent trompée : pas de nouvelles depuis le départ de l’Impératrice. J’aurais envie de payer quelqu’un pour m’écrire, car on a l’air abandonné du genre humain. Je ne te gronde pas encore cependant, car je serais injuste, mais si tu n’écris pas, cela viendrait peut-être bientôt.
J’ai reçu une lettre de ma belle-soeur qui me parle de Mme Visconti ; elle t’en aura sans doute parlé elle aussi : elle ne peut pas croire que sa cousine soit bien avec elle et que ce soit même son amie intime ; cela fait qu’elle l’a reçue très froidement. L’autre, qui est habituée à être gâtée, aura été fort étonnée ; je ne sais que répondre à ma soeur sur cela. Elle a le bonheur d’être princesse sans connaître une cour, et c’est un grand bonheur ; j’étais bien comme elle, mais, malheureusement, on apprend tous les jours, à ses dépens, qu’il faut bien recevoir tout le monde.
Adieu, je t’embrasse tendrement ; présente mes respects à l’Empereur, je t’en prie.
Hortense

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