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25 septembre 1831 | Le comte de Flahaut au prince de Talleyrand | protocole 41

Titre de la correspondance: 25 septembre 1831 | Le comte de Flahaut au prince de Talleyrand | protocole 41
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Contenu de la correspondance:

« J’ai reçu hier le protocole numéro 41 que vous avez eu la bonté de m’envoyer ; sans cette bonté, je ne saurais pas un mot de ce qui se fait, car le ministère ne donne aucune information à son ministre à Berlin. Je trouve que les termes (du protocole) en sont excellents et réparent la position ridicule, embarrassante où nous avait placé le discours du maréchal Soult (Le maréchal Soult avait déclaré que l’armée française resterait en Belgique jusqu’à ce que l’indépendance de ce pays ait été solennellement proclamée et reconnue). Il eût fallu, pour agir conformément à ses paroles, manquer aux engagements les plus clairs et les plus solennels.
Je compte quitter Berlin ce soir pour profiter du congé que le roi m’a donné. Voilà trois semaines que je ne suis pas du tout bien et j’ai besoin aussi d’aller à Paris pour mes affaires. Vous y verrai-je ? Il me semble que vous surtout avez le droit de vous reposer, si, le 10, votre tâche est finie. Vous avez bien raison de dire qu’il n’y a de salut pour nous que dans la paix. La guerre nous livre soit aux étrangers, soit à nos brouillons. Les Polonais servent ces derniers de tout leur cœur et je commence à me détacher d’eux. Ils s’aliéneront, par cette conduite, leurs meilleurs amis. Ils nous font aujourd’hui un crime de nos bons sentiments pour eux. En attendant, leurs armées se flattent d’obtenir de meilleurs termes par la résistance, et je crois qu’ils ne font qu’un peu plus gâter leurs affaires, car, petit à petit, les soldats quittent leurs régiments et retournent chez eux. Il eût mieux valu profiter des bonnes dispositions de Paskiewicz ; mais si le courage est l’attribut de cette belliqueuse nation, on ne peut pas dire qu’elle se distingue par la raison.
On dit que Romarino est entré en Galicie avec dix mille hommes et que l’armée de Modlin fait mine de vouloir se jeter en Prusse. Vous connaissez… »
 
* Mémoires (Talleyrand Tome 4 / Jean de Bonnot / p.311-313)