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Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène 8 janvier 1806

Titre de la correspondance: Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène 8 janvier 1806
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Contenu de la correspondance:

Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
8 janvier 1806
J’apprends à l’instant que ton mariage se fait à Munich, mon cher Eugène, et que je n’ai pas le temps d’y aller. Je ne puis te dire le chagrin que cela me fait. Depuis que je le sais, je ne fais que pleurer. Comment ! je ne serai pas près de toi dans un moment aussi important ! Pense un peu à moi, mon cher Eugène, car je suis la seule à plaindre. De te voir un instant m’aurait consolée de tant de chagrins ! J’en avais bien besoin, mais j’espère que tu auras du bonheur pour nous deux. Parle de moi à ta femme, dis-lui combien je l’aime et combien je suis chagrine de ne pas la voir. On en dit tant de bien que ce mariage me rend bien heureuse. Mais comme elle aura du chagrin de quitter tout de suite sa famille ! Je suis sûre que tu remplaceras tout auprès d’elle quand elle te connaîtra, mais tu trouveras ses regrets tout simples, car est-il rien de plus triste que de se séparer de sa famille ?
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Montre-lui ma lettre ; je veux qu’elle connaisse tous mes regrets et qu’elle m’aime un peu. Ecris-moi, je te prie. Dis-moi tout ce que tu penses. Fais que j’aie un moment d’illusion et que je me croie parmi vous. Viendras-tu à Paris ? Mon Dieu, que je suis malheureuse de ne pas être près de toi ! Il me semble qu’on ne m’aime plus, qu’on ne pense plus à moi. Maman même ne m’écrit pas ; elle ne sait donc pas tout le chagrin que je dois avoir. Chaque chose que je commande pour ton mariage me perce le coeur, tandis que cela devrait me rendre heureuse puisqu’il s’agit de ton bonheur. Mais je n’y suis pas, et qui sait où je te reverrai ? Il n’y a que toi qui ne m’ait pas fait de chagrin, qui m’aime pour moi, qui, enfin, soit ma seule consolation, et ne vivrai pas avec toi ! Cette idée me fait bien de la peine. Je ne sais vraiment ce que je t’écris. Ne montre pas ma lettre, car on n’y comprend peut-être rien, mais toi, tu y verras tout mon attachement et mon chagrin de ne pas être près de toi.
Hortense
P.S. Je t’envoie mon portrait que je t’avais fait faire et que je comptais te donner moi-même.

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