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18 septembre 1823 | Madame de Souza à M Le Roi | Margaret enceinte

Titre de la correspondance:
18 septembre 1823 | Madame de Souza à M Le Roi | Margaret enceinte
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Contenu de la correspondance:

« Mon fils reste dans son Ecosse, où sa femme est grosse. Puissent-ils avoir eu l’esprit de faire un garçon, sans quoi la voilà condamnée à faire un enfant tous les ans… L’héritage de Lord Keith plane sur la tête de ce fils qui n’existe point ; il faut bien, veut Dieu, veut le diable, qu’il arrive. »
 » … Mon fils reste dans son Écosse où sa femme est grosse. Puissent-ils avoir eu l’esprit defaire un garçon, (Mme Charles de Flahaut n’eut que des filles. – Le 29 aoüt 1825, Mme de Souza écrivait à M. Le Roi, au sujet de la naissance de la dernière : Sarah-Sophie-Louise de Flahaut
 » Cher Petit Père, j’ai reçu ce matin l’agréable nouvelle que Mme de Flahaut est accouchée d’une cinquième fille. Il n’y aurait eu de mieux que d’avoir deux ou trois jumelles. Ce sera peut-être pour l’an prochain, que nous ne nommerons point l’an de grâce) sans quoi la voilà condamnée à faire un enfant tous les ans comme cette dame anglaise (?). Remarquez bien ça. Le pays est célèbre pour ce genre d’industrie. Cette dame est accouchée de sa quinzième fille, sans intermédiaire d’un seul garçon. Voyez-vous d’où vous êtes l’entrée de cette mère dans un bal avec ses quinze demoiselles la suivant ? Mais comme l’héritage de lord Keith plane sur la tête de ce fils qui n’existe point, il faut bien, veut Dieu, veut le diable, qu’il arrive. En parlant d’enfants, il faut que je vous raconte un mot qui m’a été au coeur, d’autant que celui qui me l’a dit ne s’en est pas douté !
 » Le général Exelmans a perdu, le printemps dernier, deux enfants en huit jours du croup. Leur mère en a été au désespoir. Il lui en reste quatre. Avant-hier, il me disait de l’aîné :  » Charles étudie très bien, il a eu un prix au grand concours, mais il n’a pas l’ombre d’ordre. Il dépense tout ce qu’il a, le donne ou le perd. Cela lui est égal. Mon second, Maurice, est un diable incarné. Il bat ses soeurs, ses bonnes. Personne n’en peut venir à bout.
– Et, repris-je, que dit de tout cela Mme Exelmans ?
– Ah! pour elle, répondit-il en soupirant, elle ne leur demande que de se bien porter.
 » Ne trouvez-vous pas que toute la douleur de cette mère est là ? Mais adieu, mon bon petit Père. Mettez en vers cette historiette. Votre cœur qui devine tout saura faire parler cette pauvre mère… « 

* Flahaut (Françoise de Bernardy / Perrin / p.206)* Madame de Souza et sa famille (baron André de Maricourt / Emile-Paul frères / p.331-332)