(pas de titre)

Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène | 3 septembre 1808, Saint-Cloud

Titre de la correspondance: Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène | 3 septembre 1808, Saint-Cloud
Toutes les correspondances de l'année :
Contenu de la correspondance:

Lettre d’Hortense de Beauharnais à son frère Eugène
3 septembre 1808, Saint-Cloud
Je reçois à présent une lettre du Roi, mon cher Eugène, et je compte en parler à l’Empereur, car, vraiment, c’est trop fort, et il faudra bien que le monde soit instruit de nos démêlés, car nous ne pouvons plus rester comme cela, et je vois bien qu’il faut être tout à fait séparés.
amzn_assoc_ad_type = »responsive_search_widget »; amzn_assoc_tracking_id = »charledeflaha-21″; amzn_assoc_marketplace = »amazon »; amzn_assoc_region = »FR »; amzn_assoc_placement = » »; amzn_assoc_search_type = « search_widget »;amzn_assoc_width = »auto »; amzn_assoc_height = »auto »; amzn_assoc_default_search_category = » »; amzn_assoc_default_search_key = »Hortense de Beauharnais »;amzn_assoc_theme = »light »; amzn_assoc_bg_color = »FFFFFF »;
Nous nous sommes raccomodés aux eaux ; je suis devenue grosse. J’étais si souffrante que, sans faire une fausse couche, je n’aurais pu entreprendre un voyage en Hollande : voilà un crime si affreux que le Roi a dit que, si je retournais en Hollande, il ne me verrait pas ! Il me demande mon fils. Je lui écris, il y a encore quelques jours, qu’il devrait plutôt venir le voir, que, le climat de la Hollande lui étant contraire, il devait pardonner une mère de retarder autant que possible d’obéir à ses volontés quand c’était pour sauver la vie de son enfant. Voilà enfin la réponse qu’il me fait : il me dit de ne plus lui écrire, car il me renverra mes lettres ; que, d’après la conduite qu’il a tenue depuis un an, il avait prouvé qu’il n’avait plus les droits d’un époux, ni aux yeux de Dieu, ni aux yeux des hommes, et que rien dans la vie ne pourrait nous réunir, et il ajoute : « Les malheureuses dissensions entre nous ont causé tous les maux de ma famille. J’ai gémi plus d’une fois en silence sur la fatale destinée qui attachera peut-être le malheur durable des miens à cette malheureuse union… Mais ce qui me console, c’est de n’avoir plus rien à démêler avec vous… Si j’étais moins attché à mes devoirs et à ma famille, vous auriez vu que je n’étais ni un sot ni un poltron, mais il vous était permis de me juger comme bon vous semblait. Puissiez-vous ne faire et n’avoir fait de mal qu’à moi ! Que vos enfants et ma famille puissent ne pas s’en ressentir et je serais trop heureux… Adieu, Madame, Je souhaite, pour vous-même et les miens, que vos projets ne s’accomplissent pas. Adieu donc pour toujours. Soyez contente et heureuse. »
Je t’ai mis les principales choses ; je ne sais si tu y comprendras quelque chose ; quant à moi, je n’y comprends rien.
Quels sont donc ces projets dont il me parle ? Il me connaît bien ; je n’ai de désir que d’être tranquille et que mes enfants se portent bien.
Que veux-tu que je fasse, car, en vérité, je crois qu’il est fou ? Ah ! je vois bien que tout cela est cette malheureuse idée qu’il avait pour l’Empereur : mais on ne mérite pas d’avoir une femme vertueuse quand on est capable de la juger si mal !
Mais tout cela ne m’étonne pas ; il parle beaucoup de vertu, mais il n’y croit pas.
Adieu, mon cher Eugène, comment finira tout ceci ? Sans mes enfants, qui sont encore trop jeunes pour ne pas pouvoir se passer de moi, je demanderais bien à aller rester près de toi : du moins j’aurais un bon juge et un bon soutien.
Hortense

retour à la correspondance d’Hortense